28/10/2008

Pourquoi mesurer la "self-efficacy"

Dans mon message précédent, je parlais d'une étude ayant mesuré le niveau d'auto-efficacité (traduction de "self-efficacy"). Pourquoi est-ce important de mesurer cela, et qu'est ce que cela mesure?

D'après Bandura, la "self-efficacy" est la croyance d'une personne à propos de ces capacités à produire un effet, événement, une action. 
Pour Compeau et Higgins (1995) cela réfère au jugement individuel de leur capacité pour utiliser un ordinateur dans différentes situation.[1]

En quoi cette mesure peut-elle être importante dans les études des interfaces? 


Elle a des répercussions sur la façon dont une personne résout les problèmes d'une tâche. Elle influences sur les stratégies cognitives, la quantité d'effort mise en avant, le niveau de persistance, la façon de faire face aux obstacles, et la performance finale.Un haut niveau de "self-efficacy" va avoir des répercutions sur les autres facteurs influencés par elle. 

Dans la résolution d'une tâche informatique, ces processus sont mis en avant, et on va pouvoir mesurer si une interface demande plus ou moins, par exemple, d'effort pour l'appréhender. Il est donc important de voir si le niveau de "self-efficacy" entre les genres est différent suivant les tâches demandées, car ce n'est pas forcément la tâche elle-même qui pourrait poser problème à un genre particulier, mais son appréhension, et donc la manière de l'amener à la personne.

C'est ce que nous montrait l'étude précédente, de même que d'autres études sur le sujet, ce n'est pas dans la tâche en elle-même ou sa résolution que les femmes sont moins bonne, mais dans son appréhension, on peut voir cela avec la différence dans le résultat de la mesure de "self-efficacy" qui augmente après la passation de la tâche. Une autre étude [2] montre que cette perception de ces capacités est plus proche des capacités réelles chez les femmes que chez les hommes.

[1]. "Computer self-efficacy (CSE) refers to individuals' judgment of their capabilities to use computers in diverse situations". Compeau, D. R., & Higgins, C. A. 1995. Computer self-efficacy: Development of a measure and initial test. MIS Quarterly, 19(2): 189-211.
[2]. Beckwith, L. Burnett, M., Wiedenbeck, S., Cook, C., Sorte, S., and Hastings, M. Effectiveness of end-user debugging software features: Are there gender issues? ACM Conference on Human Factors in Computing Systems

26/10/2008

Article lu ce week-end

Un des articles scientifiques que j'ai lu ce week-end était: "How self-efficacy and Gender Issues Affect Software Adoption and Use, Kathleen Hartzel, Communication of the ACM, 2002.
Ou comment l'auto-efficacité et le genre peuvent être des facteurs pour l'adoption et l'utilisation de logiciels.

Cet article est une étude menée sur des étudiants d'une universités américaines (52 hommes et 28 femmes). Déjà au niveau échantillonnage, on peut se demander pourquoi si peu de femmes dans une étude ayant le genre comme principale mesures.

Le design de l'étude est: faire passer un questionnaire pour mesurer son niveau d'auto-efficacité sur un logiciel (FrontPage 98), avant de faire passer un tutorial et de faire passer à nouveau un questionnaire après avoir complété le tutorial. Les personnes étudiées ayant un niveau débutant dans ce logiciel.

Malgré certains biais et problèmes dans la passation de l'expérimentation, les résultats sont malgré tout intéressant. Le niveau d'auto-efficacité est moindre chez les femmes avant la passation du tutorial comparé aux hommes, et plus élevée que ceux-ci après la passation. L'auteur explique cela par deux hypothèses.

La première étant la mauvaise estimation des compétences féminines par les femmes. Le dénigrement de nos compétences. Ou plus simplement une plus grande modestie vis-à-vis de ces mêmes compétences. Modestie faisant partie des "qualités féminines naturelles" , mais qu'après passation du tutorial les femmes ont pu vérifier leur savoir, et donc augmenter au niveau des résultats sur l'auto-efficacité.

La deuxième hypothèse, les femmes ont plus de difficultés à passer d'un savoir général en informatique à un savoir spécifique, et donc diminuerait leur niveau d'auto-efficacité comparé aux hommes avant la passation de la tâche. Elle serait moins confiante si elle n'ont pas fait une tâche spécifique avant la passation, et comme le montre les résultats sont plus confiantes après cela dans leur compétence d'efficacité.

23/10/2008

Petites défintions

Étant donné que mon blog va parler des Interfaces Hommes Machines (IHM), une petite définition, de ce qu'est ce champ de recherche, s'impose.

Qu'est-ce que l'IHM?
C'est l'étude de l'interaction entre l'homme et la machine. On peut étudier cela à travers les interfaces graphiques ou physiques (souris, clavier, etc.), ceci dans le but de rendre cette interaction plus ergonomique, plus simple, etc. C'est donc un domaine interdisciplinaire, intégrant l'informatique, les sciences cognitives, l'ergonomie, la psychologie, les sciences du comportement, le design, etc.

Une définition donnée par Hewett en 1992: “Discipline qui touche à la conception, l'implémentation et la validation de systèmes interactifs utilisés par les hommes ainsi que sur l'étude des phénomènes majeurs les environnant”

J'aime beaucoup aussi la définition de Dix de 1994: “Science qui détermine les causes qui permettent de rendre l’informatique plus utilisable par des personnes”

C'est un champ de recherche très large, complexe, mais qui a un très grand avenir devant lui. Par exemple, pour les interfaces physiques, nous avons des appareils (ordinateur, tableaux de bord, lecteur MP3, téléphone portable faisant le café) de plus en plus complexes, mais où l'utilisateur ne devrait pas, par exemple, se taper une bible pour savoir le faire fonctionner.

Eh oui, rendre l'informatique plus accessible et non pas l'inverse, quel doux rêve me direz-vous...

22/10/2008

La page blanche...

Ah, le fameux syndrome de la page blanche, quand tu nous tiens, tu nous lâches plus. Quand on a trois post à faire par semaine, cela ne tombe pas bien, cela ne tombe jamais bien de toute façon.

J'avais prévu d'écrire mes posts sur les articles que je lirais pour mon sujet de mémoire, et de rendre cela attractif pour les non-informaticiens.
Mais voilà, je ne lis pas aussi vite que je le voudrais. Et en plus, on dit toujours que les informaticiens ne sont pas forcément les personnes les plus passionnantes au monde. C'est vrai qu'à force de parler à nos machines, on ne sait plus vraiment parler aux personnes réelles.

Alors d'avance je m'excuse si je vous ennuie...

14/10/2008

Le blog de mon voisin

Un blog intéressant sur les nouveautés des technologies de l'information: botambaoaks.

08/10/2008

A la recherche du thème de mon mémoire

Comme toute étudiante de master devant faire un mémoire, j'ai dû choisir un sujet.

Un choix difficile à faire. En effet, je pouvais continuer sur la voie de la 3D comme pour mon mémoire de bachelor, mais je n'aurais certainement pas été aussi chanceuse. Dans ce groupe de recherche, impossible de proposer un sujet de recherche, on prend ce que l'on nous donne.


Alors, je me suis orientée vers un autre sujet qui m'intéresse: les interfaces. 

Comment les rendre plus utilisables, qu'elles soient plus facilement compréhensibles, appréhendable, ergonomiques, intuitives, etc. 

Un bien large programme que cela, d'ailleurs c'est un champ de recherche en lui-même: l'interface-homme-machine (HIM ou HCM).


Étant femme dans un domaine d'homme, je me suis bien sûre posée une question en intégrant ma formation et en réalisant, oh combien mon genre était sous-représenté. Pourquoi si peu de femme dans cette formation, mais plus largement, pourquoi si l'on regarde les statistiques, trouve-t-on moins de femmes derrière un écran d'ordinateur.


L'ordinateur est-il un artefact genré? 

Est-ce pour cela que même si de nombreuses femmes ont participé à la recherche dans ce domaine, elles sont moins connues et moins nombreuses. Quel en sont les facteurs? Les mêmes que dans tous les domaines dès que l'on grimpe dans l'échelle sociale? Ou existe-t-il quelque chose de propre à ce domaine?

Je n'aurai certainement pas les réponses à mes questions à la fin de mon mémoire, les questions sont bien trop larges, bien trop interdisciplinaire. Il a donc fallu que je resserre un peu mon champ de recherche. 

Existe-t-il une différence entre les genres pour comprendre et appréhender une interface? 

Mais là non plus, je n'aurai pas la prétention de pouvoir répondre entièrement à cette question. Mais au fil de mes lectures, et de l'expérimentation que je vais faire passer, je vais essayer de comprendre les différents facteurs, les tenants et les aboutissants, etc.  de ce phénomène.

07/10/2008

Une modélisation et animation de l'armée de terre-cuite de X'ian

Pour remonter un peu dans l'histoire... sans bouger du derrière de son écran.
Une petite reconstruction d'une interaction possible entre un soldat et un général. Le soldat amène un Hufu au général qui peut ainsi rassembler les deux parties, lui donnant ainsi le pouvoir d'executer des ordres. Un scénario construit de toute pièce, mais basé sur des faits historiques.
Cette modélisation et cette animation ont été créées sur 3D Studio Max.
De longue heure de travail et de rendu pour ce petit film d'animation, parfois on se demande si cela ne serait pas plus rapide de reprendre les bonnes vieilles techniques.
Bien sûr, quand c'est pour un mémoire de bachelor en Système d'Information, la question ne se pose pas. Et puis quand même, la 3D amène un plus, surtout dans une animation réalistique.